L’Angélique pour atténuer les gênes de la ménopause

 

 

 

 

L’Angélique mérite son nom. Belle et grande, elle épanouit ses ombelles blanches à deux mètres de haut. Et surtout elle est dotée de vertus souvent qualifiées de miraculeuses.

L’angélique (Angelica archangelica) possède de réelles propriétés antibactériennes, apéritives, stomachiques, anticonvulsives, sédatives, diurétiques, immunologiques et vasodilatatrices… Elle serait aussi active contre certaines tumeurs. Toutes ces propriétés sont scientifiquement reconnues et l’on a même isolé l’une de ses molécules, l’archangélicine.


Un remède presque universel !

La liste des indications est longue. Voici, par ordre alphabétique, celle des troubles qu’elle soulage :
.  anémie
• appétit insuffisant
• asthme
• digestion (acidité gastrique, ballonnements, aérophagie, vomissements…)
• fatigue sexuelle masculine
• hépatisme
• insomnies dues à une trop grande nervosité
• libido féminine (baisse de désir)
• migraines (d’origine nerveuse ou digestive)
• palpitations
• problèmes ORL (rhumes, bronchites…)
 règles douloureuses ou insuffisantes.

En externe, les compresses et frictions avec la décoction permettent de lutter contre les douleurs musculaires ou articulaires et notamment les rhumatismes. L’angélique, également antifongique et fortement antibactérienne, peut venir à bout des problèmes cutanés (candidoses par exemple). On utilise aussi la décoction (avec de l’ortie) en rinçage après un shampooing pour fortifier les cheveux et activer leur repousse.

Là encore, respectez les doses car l’angélique est très puissante : son suc est si irritant pour la peau que les mendiants de la Cour des Miracles s’en frottaient les membres pour provoquer de pitoyables plaies ou ulcères !

L’angélique et l’histoire

Connue des Grecs, des Hébreux et des Romains, l’angélique est entrée en sainteté par la grande porte : c’est l’une des rares plantes citées par les évangiles ! Les gladiateurs se frottaient les membres d’huile essentielle d’angélique avant les combats : les muscles étaient assouplis et les coups semblaient moins rudes.

Paracelse, célèbre médecin et alchimiste de la Renaissance, utilisa abondamment l’angélique. Il faut dire que la plante était déjà célèbre : appelée aussi racine du Saint-Esprit ou Herbes-aux-Anges, elle a fait partie (grâce aux fumigations de ses tiges et à l’utilisation de son huile essentielle) des plantes qui ont permis d’éliminer la peste en Europe. Au XVIIe siècle, dans son célèbre traité "Paradise in Sole", Parkinson déclare que l’angélique est supérieure à toutes les autres plantes médicinales.

Notons qu’Annibal Camoux, l’un des rares cent-vingtenaires de cette époque, mort en 1759, attribuait sa longévité au fait qu’il mâchait continuellement de la racine d’angélique. Fontenelle, à peu près contemporain (mais quand on vit cent ans et plus, on est contemporain de beaucoup de monde !) avait préféré se gaver de fraises : il a vécu vingt ans de moins.

L’angélique et la science

Dès que les scientifiques ont possédé les outils pour comprendre les raisons de l’efficacité des plantes, ils ont décortiqué l’angélique. Ce fut donc l’une des premières fleurs à dévoiler ses mystères. On a alors découvert des acides phénols, des coumarines, des chromones, des phtalisdes (antispasmodiques), des polyènes (analgésiques), une huile essentielle composée de carbures monoterpéniques, de lactones macrocyliques…

Bon, tout ça ne vous dit pas grand-chose, mais au moins les chimistes ont compris pourquoi l’angélique peut être classée en tête des substances naturelles les plus efficaces !

À toutes les sauces !

  La plante entière est utilisée : semences, feuilles, racines, tiges… Les parties ligneuses sont préparées en décoction ou en vins médicinaux. Les parties tendres (feuilles, semences) servent aux infusions. Les semences sont utilisées comme condiment dans la choucroute (c’est vrai que ça aide à digérer !), les "pickles" de nos amis Grands-Bretons ou les marinades.

  Racines et graines font partie des recettes secrètes de liqueurs bien de chez nous, comme la Chartreuse. Dans les pays nordiques, les tiges sont confites et servies avec les gâteaux de Noël ou bien tout simplement découpées et disposées sur des tartines de beurre.

  En Laponie, on conserve le poisson dans des feuilles d’angélique et on la mange (tiges et feuilles) en légumes bouillis dans du lait. Les utilisations sont donc nombreuses. Il faut pourtant savoir que, contrairement à la plupart des plantes dont les propriétés médicinales sont potentialisées par le séchage, la dessiccation des feuilles et des fleurs d’angélique leur fait perdre leurs vertus. C’est d’autant plus important à savoir que l’on trouve la tisane de feuille sèche, à boire comme du thé.

  •   Décoction : 50 grammes de racines sèches ou de semences (pas de feuilles sèches qui n’ont plus de vertus médicinales) pour 1 litre d’eau. 1 tasse, 3 fois par jour, de préférence après les repas.
  •  Vins d’angélique : les recettes sont nombreuses et associent généralement 30 grammes de racines (ou 50 grammes de tiges) pour 1 litre de bon vin rouge auxquels on ajoute, selon les goûts et les effets thérapeutiques attendus, une ou plusieurs des plantes suivantes : cannelle (4 grammes), noix de muscade râpée (4 grammes), clou de girofle (1 ou 2), gentiane (20 grammes), millepertuis (20 grammes). Laissez macérer 1 semaine dans un bocal fermé. Filtrez. Prenez-en un petit verre en apéritif ou au coucher.
  •  Liqueurs d’angélique : ce sont souvent des recettes comparables mais le vin est remplacé par ⅓ d’eau-de- vie, ⅔ d’eau auxquelles on ajoute 300 grammes de sucre ou 200 grammes de miel.
  •  

Pour les massages et les usages externes, on utilise :
- soit la teinture-mère (vente en pharmacie) : 1 cuillerée à soupe dans un verre d’eau chaude
- soit la décoction.
Massez les articulations en cas de rhumatismes ou appliquez sur les mycoses cutanées.

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L’angélique dans votre jardin

Elle épanouira ses jolies corolles de juin à août. Peu exigeante, elle apprécie plutôt une bonne exposition, une terre fraîche, équilibrée… et la compagnie des orties qui stimulent sa production d’huile essentielle. C’est une bisannuelle c’est-à-dire qu’elle meurt après la floraison mais se ressème et renaît d’une nouvelle graine. Plantez en pépinière les graines à 15 cm de profondeur, dans une terre fine, de préférence en septembre. Transplantez au printemps suivant, dès leur apparition.

La récolte

  • Semences : lorsqu’elles commencent à devenir brunes. Coupez les ombelles, faites-les sécher à l’ombre, éliminez les débris végétaux.
  • Tiges et feuilles : en juin-juillet.
  • Racines : à l’automne. Rincez-les à l’eau. Attendez qu’elles soient bien sèches avant de les couper en rondelles.

 

© 2015 Leduc.s Éditions - Les plantes qui guérissent, Sophie Lacoste

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