Le gattilier, pour les femmes, seulement les femmes

Pourquoi cette plante a-t-elle à la fois un effet dévastateur sur la sexualité masculine et une action positive sur les femmes ? Tout simplement parce que le gattilier bloque l’action des hormones mâles (androgènes). Chez l’homme, c’est plutôt dommage. Chez la femme, c’est plutôt souhaitable !

Autre effet du gattilier sur le système hormonal, il agit sur la glande pituitaire, située dans l’hypophyse, glande qui régularise le cycle menstruel. Il régularise la production de prolactine, l’hormone de la lactation, responsable aussi du gonflement des seins. De ce fait le gattilier est considéré en Allemagne et aux États-Unis comme l’une des plantes majeures du rééquilibrage hormonal féminin.

Où le trouver, comment le prendre ?

En comprimés, capsules ou gélules
  Cette forme est particulièrement recommandée aux femmes en période de ménopause ou à celles qui, par un traitement de fond, tentent de remédier à leur infertilité. C’est un produit assez cher, au prix variant selon les laboratoires et la concentration en principes actifs. Suivez les indications sur les notices. 3 à 6 gélules le matin, de préférence une demi-heure avant le petit déjeuner.
 
 
Dans votre jardin
  Si vos cultures sont conduites sans produits phytosanitaires, faites comme les moines *, mâchez des baies à longueur de journée !

Voir "Tout savoir sur le gattilier" en bas de page
 
  
En teinture-mère
  (à commander en pharmacie) : 30 à 40 gouttes dans un verre d’eau, par cures de deux mois, dans le cas d’un cycle irrégulier.
 
 
En tisane
  Décoction d’environ 5 minutes d’une cuillerée à café de baies séchées par bol d’eau. Une à deux fois par jour à sucrer avec du miel d’hysope, de sauge ou de trèfle de préférence.
 

 Le gattilier, en gélules ou en comprimés peut être associé à d’autres sources de stimulants hormonaux ou à des phytomodulateurs tels que la sauge, les isoflavones de soja, la maca, l’huile d’onagre, l’huile de bourrache, etc. Dans ce cas, il est important de ne pas faire n’importe quoi pour bien contrôler les effets positifs (suppression des bouffées de chaleur, amélioration de la libido…) ou négatifs (migraines, etc.).
 
 Hormis certains rares cas passagers d’éruptions cutanées ou de problèmes digestifs, si l’on respecte les dosages conseillés par les fabricants, il n’existe pas d’effets secondaires connus. En l’absence de recul suffisant, il est préférable que les femmes enceintes (à partir du 3e mois) ou déjà allaitantes évitent de prendre du gattilier.

Pourquoi en prendre ?

 Le gattilier est conseillé aux femmes dans les cas de :

Douleurs mammaires (mastodynie)
Règles irrégulières ou insuffisantes
  • Acné des jeunes femmes
  • Troubles de la ménopause (bouffées de chaleur, etc.)
  • Infertilité (certains cas liés à des déséquilibres hormonaux)
  •  
  • Il stimulerait la lactation (par précaution, certains spécialistes conseillent cependant aux femmes de ne pas prendre de gattilier en milieu de grossesse ou après l’accouchement) et limiterait les fausses couches.
 
  • Pour en savoir plus sur le gattilier (Vitex agnus castus)

    De la famille des Verbénacées – dans laquelle on compte la verveine… et le teck – le gattilier, appelé aussi « poivre sauvage », est un buisson de 1 à 2 mètres de hauteur. Dans les pays tropicaux, le gattilier peut dépasser 6 mètres. On le trouve sur le pourtour méditerranéen (en Corse par exemple) et jusqu’en Inde. C’est le gattilier d’Afrique du Nord ou de Sicile qui est utilisé la plupart du temps car ses principes actifs y sont plus concentrés (grâce au soleil) que dans le gattilier français. Les feuilles du gattilier sont formées de 5 à 7 doigts (un peu comme celles du cannabis), très
    minces et pointus, d’un vert grisâtre sur le dessus et blanchâtres dessous. Les fleurs forment de longues grappes dressées, d’un beau bleu-mauve, proche de la couleur du lilas.

    Un joli buisson de fleurs bleues
    Poussant à proximité du laurier-rose ou du tamaris, le gattilier affectionne les bords des torrents, les zones un peu plus humides des régions chaudes. Les fleurs sont des épis de corolles bleues dressées sur des tiges d’où partent des feuilles découpées en folioles lancéolées. La floraison a lieu en juin et juillet. Ensuite, à l’automne, viennent les baies, petites boules jaunes et roses, sortes de pommes miniatures, qui se massent en grappes verticales à l’extrémité des tiges. Ces baies contiennent des graines piquantes comme le poivre. Récoltées et séchées, elles sont ensuite réduites en poudre ou utilisées dans la confection de la teinture-mère. La plante se reproduit facilement, en automne ou au printemps, par graine, marcottage ou bouture. Au bout de deux ou trois ans, on peut tailler les buissons pour les rendre plus touffus.

    Les moines et la botanique
    Le nom latin du gattilier est Vitex agnus castus, qui signifierait l’agneau chaste. P. Fournier, le célèbre phytothérapeute, contestait cette explication en affirmant que le mot agnus venait plutôt d’un ancien mot latin qui signifiait « épi ». Toujours est-il que les religieux mâchaient les baies fraîches ou les graines de gattilier pour tenter de contrôler « ardeurs » et « tentations ». En Europe, le genre Vitex se cantonne principalement à deux espèces (la verveine et le gattilier). Dans les îles du Pacifique, il existe de nombreuses variétés de Vitex, particulièrement à proximité des plages.

    Une action encore mystérieuse
    Utilisée pendant longtemps pour ses propriétés sédatives et calmantes (en ce domaine le gattilier agit aussi bien
    sur les hommes que sur les femmes), la plante a aussi des vertus soporifiques. En ce qui concerne les problèmes féminins, les vertus du gattilier sont connues depuis la plus haute antiquité puisque Dioscoride le conseillait pour les douleurs utérines et la lactation difficile. Bien entendu, dès le xixe siècle, les chimistes ont tenté d’isoler les principes actifs. Au fil des années et de leurs recherches, ils ont découvert une substance amère (la castine), des flavonoïdes, de la viticine (que l’on trouve aussi dans l’aubépine), de l’acide palmitique, du pinène, une huile essentielle (cinéol), des iridoïdes… Mais tout cela n’explique pas l’action très particulière du gattilier : les constituants responsables de son action sur le système hormonal n’ont pas encore pu être isolés. Il est pratiquement certain que le gattilier n’est pas une phytohormone (comme le soja, la maca, le yam, la luzerne, etc.) mais un tonique qui stimule et rééquilibre le système hormonal féminin.

     

    © 2015 Leduc.s Éditions - Les plantes qui guérissent, Sophie Lacoste

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