Le Ginkgo biloba, allié de la mémoire et la circulation sanguine

Avec les feuilles de cet arbre, l’industrie pharmaceutique fabrique des centaines de médicaments destinés à améliorer la circulation, en particulier la circulation cérébrale et donc les fonctions intellectuelles.

Le ginkgo biloba est le dernier survivant d’une famille botanique vieille de 200 millions d’années. Record d’ancienneté battu toutes catégories, quand on sait que les fossiles humains les plus vieux datent d’à peine 4 millions d’années ! Et comme cet arbre n’en est pas à un record près, il peut vivre jusqu’à 4 000 ans et atteindre 40 mètres de haut.

Originaire d’Asie, le ginkgo biloba est arrivé en France à la fin du XVIIIe siècle. Il passait alors par la Hollande et l’Angleterre et, lorsque les spécimens parvenaient en France, leur rareté leur donnait une valeur quasi sacrée. Par conséquent, seuls les gens riches pouvaient acquérir un ginkgo biloba. En 1831, dans leur Dictionnaire de Matière médicale, F. Mérat et J. de Lens l’ont appelé "l’arbre aux 40 écus", nom qui est resté et qui, aujourd’hui, est encore couramment employé pour désigner le ginkgo biloba. Il s’est acclimaté sans problème en France, en Allemagne et aux USA. Il y est cultivé comme arbre d’ornement mais aussi pour ses feuilles utilisées pour faire des médicaments. Impossible de passer à côté d’un ginkgo biloba sans le reconnaître.

Feuilles et fruits


Les feuilles de cet arbre majestueux sont des sortes d’éventails aplatis à deux folioles en forme de lobes… d’où le qualificatif de "biloba". Elles sont alternes ou rassemblées au bout des rameaux. Les fleurs ne sont pas spectaculaires : on ne distingue facilement que les chatons mâles, en mai.

Le fruit ressemble à une prune jaune qui, en se décomposant, prend une odeur désagréable. Les Asiatiques l’emploient en cas de toux, comme sédatif et vermifuge. En Occident, rares sont les amateurs car son goût âcre et résineux est très particulier. En Chine et au Japon, on le fait griller comme chez nous les châtaignes.

Un arbre sacré


Vieux, imposant, magnifique… le ginkgo biloba est élevé au rang de divinité au Japon et en Chine. C’est le seul végétal à avoir survécu à l’explosion nucléaire d’Hiroshima.

Le ginkgo vient de ginkio qui signifie "abricot d’argent", sans doute en référence au fruit ou bien à la couleur du feuillage qui prend des jolis reflets vert clair et dorés en automne. Au Japon et en Chine, c’est surtout la graine qui est utilisée pour ses propriétés fluidifiantes dans le cas de problèmes respiratoires. Elle entre aussi dans la composition de remèdes contre les troubles urogénitaux : problèmes vaginaux, incontinence… La plante est inscrite dans la pharmacopée de la Commission européenne qui confirme les propriétés pharmacologiques de la feuille.

Le ginkgo a commencé sa carrière de médicament en 1965 en Allemagne, grâce au Docteur Willmar Schwabe. En 1974, il est arrivé en France, connaissant immédiatement un grand succès. Aujourd’hui le ginkgo biloba entre dans des centaines de préparations que l’on trouve en pharmacies, parapharmacies, magasins de produits diététiques, vente par correspondance…

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Des constituants nombreux

La formule du ginkgo est particulièrement complexe : flavonols, biflavones dont ginkgétine et bilobétine, ginkgolides et bilobalide, terpènes et proanthocyanidols… C’est dire si la plante a été étudiée sous toutes les coutures par les biologistes, les chimistes et les botanistes.

D’innombrables travaux scientifiques ont été publiés sur le ginkgo biloba. Il a ainsi été démontré, comme le précise Jean Bruneton dans Éléments de phytochimie et de pharmacognosie, que l’extrait de ginkgo "renforce la régulation vasomotrice et inhibe l’agrégabilité plaquettaire" . Les indications sont nombreuses et concernent principalement le système vasculaire. Le ginkgo est anti-inflammatoire, il active la circulation, renforce le tonus des parois veineuses et améliore la dilatation capillaire. Il est neuroprotecteur et antidépresseur.

Plusieurs recherches en cours tendraient à démontrer l’action antivirale du ginkgo biloba. Les feuilles de ginkgo biloba inhibent la coagulation des plaquettes sanguines responsable de l’épaississement du sang et de la formation de caillot : c’est donc un atout majeur pour éviter l’infarctus ou l’embolie !

Le cerveau en première ligne

La littérature scientifique est unanime pour reconnaître l’utilité du ginkgo biloba dans les indications suivantes :
• artériopathie chronique (varices, hémorroïdes…)
• problèmes cardio-vasculaires
• perte de mémoire
oedèmes et phlébites superficielles
• troubles visuels, olfactifs et auditifs
• perte d’attention ou de vigilance
• état dépressif de la personne âgée
• démence dégénérative de la personne âgée
• atteinte rétinienne
• maladie d’Alzheimer
• acouphènes.

Pour ces deux dernières indications, plusieurs sommités médicales nient toute action du ginkgo biloba. Toutefois de nombreux témoignages relevés sur les "pages Perso" d’Internet ainsi que des études relatées dans Plantes Thérapeutiques, ouvrage de référence publié sous la direction des professeurs Robert Anton (de l’Université de Strasbourg) et Max Wichtl (de l’Université de Marburg), confirment l’utilisation du ginkgo biloba dans le traitement des troubles auditifs, et de la maladie d’Alzheimer. En bibliographie, 44 études sont citées. Les auteurs précisent : "D’une façon globale, le traitement sera d’autant plus efficace qu’il aura été instauré dès les premiers symptômes." 

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Pas d’effets secondaires

Il y a peu d’effets secondaires connus du ginkgo biloba ou bien ils sont liés généralement à l’excipient (lactose pour les comprimés ou alcool pour les extraits liquides). En cas de maux de tête (rares), il suffit de diminuer la dose.
Il existe aussi des crèmes et des gels à base de ginkgo biloba destinés à améliorer les jambes lourdes : après application, il faut éviter de s’exposer au soleil.

Quand ? Comment ? À quelles doses ?

L’herboriste Michel Pierre précise que le ginkgo «"doit faire partie des plantes à usage quotidien à partir de 50 ans." 

Pour les extraits liquides, les comprimés et les gélules, il vous suffit de suivre les indications des notices, en général 2 à 3 comprimés ou doses à répartir dans la journée.
Quant aux feuilles sèches de ginkgo, n’utilisez que celles dont la provenance est sûre : cueillez-les dans votre jardin loin de toute pollution ou bien achetez de la tisane avec un label AB (Agriculture Biologique). Dans ce cas, comptez 10 grammes de feuilles sèches par tasse à laisser infuser pendant 10 minutes, prenez-en 2 à 3 tasses par jour.

© 2015 Leduc.s Éditions - Les plantes qui guérissent, Sophie Lacoste

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