Le rhodiola, la plante adaptogène qui augmente la résistance au stress, à la dépression et la fatigue

Nouveau en France, le rhodiola commence à concurrencer sérieusement le ginseng. Il est vrai que cette plante qui pousse dans les montagnes soigne nombre des maux actuels, et pas des moindres.

Le rhodiola fait partie des plantes médicinales traditionnelles en Chine, Serbie, Russie, Ukraine ainsi qu’au Tibet et dans les Carpates. Pratiquement inconnu il y a une vingtaine d’années, le rhodiola est en train de surpasser le ginseng au Top 50 des meilleures ventes mondiales de plantes ! Plus de 5 000 sites sur Internet proposent du rhodiola en gélules !

Son succès aux Etats-Unis est arrivé peu après la chute du mur de Berlin qui a signé la fin de la Guerre Froide entre le "bloc" soviétique et les pays dits capitalistes. En France, le rhodiola, arrive très récemment, entame une "carrière prometteuse" !

La racine des sportifs

Un proverbe sibérien affirme : "Qui boit de la tisane de rhodiola tous les jours, vivra plus de 100 ans". Depuis toujours, les athlètes russes consomment régulièrement du rhodiola pour augmenter leurs performances.

Mais le rhodiola n’est pas seulement une plante qui augmente la résistance à l’effort musculaire, elle a aussi un effet régulateur du rythme cardiaque, une action antioxydante antivieillissement et elle augmente les défenses immunitaires.

Sans doute son véritable succès vient-il d’une autre de ses propriétés : celle d’amplifier la vitalité sexuelle des hommes et des femmes.

Les études scientifiques

Une telle plante ne pouvait qu’intéresser les botanistes et les médecins américains ou russes. D’innombrables études ont donc été publiées sur le sujet. Pour commencer, la composition chimique du rhodiola est parfaitement connue : principalement des polyphénols (rosavine, rhosavidine, rhodiolosides, salidrosides…), une huile essentielle, des flavonoïdes et des tanins.

S’appuyant sur des études cliniques, le Docteur Zakir Ramazanov, Professeur de biochimie végétale, compare l’efficacité du rhodiola à celle du millepertuis sur les dépressions : sur 128 personnes dépressives, âgées de 17 à 55 ans, 84 ont constaté une amélioration après une cure de rhodiola. La plante entrant dans de nombreuses préparations traditionnelles aphrodisiaques comme la "nastojka" , les scientifiques ont tenu à vérifier ses vertus : dans 74 % des cas, le rhodiola a amélioré les problèmes d’hommes souffrant d’éjaculation précoce ou d’érection insuffisante. Et la plante serait aussi efficace pour stimuler la libido féminine !

 La nastojka : Dans tous les pays de l’Ex-Union Soviétique, il existe un remède réputé venir à bout de tous les troubles sexuels : la "nastojka". Il s’agit d’une macération de racines de rhodiola dans un alcool.

Bien sûr l’alcool de fruit est préférable à la vodka, tout comme la racine fraîche. Mais au pays des liqueurs frelatées, on trouve de tout ! Bonne ou mauvaise, la nastojka se prend à raison d’une cuillerée à soupe après le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner. On ne trouve pas de nastojka en France.

Un peu de botanique

 Magnifique fleur pommée jaune (un peu comme les chrysanthèmes japonais), le rhodiola est pourvu de nombreuses feuilles fines, lancéolées, bordées de dents aiguës, tournées vers le ciel. Il sent la rose, d’où son nom de Rhodiola rosea. Il pousse en buissons entre 2 500 et 4 500 mètres d’altitude. 

 Dans nos régions, le jaune des fleurs peut tendre vers le vert pâle et se parsemer de taches rouges. Le rhodiola fait partie de la famille des crassulacées, plantes "grasses". On les appelle ainsi car, bien qu’elles ne comportent pas de graisse, ces plantes ont des feuilles épaisses, qui contiennent du suc (d’où leur nom de plantes "succulentes").

Cousine du rhodiola, la joubarbe (Sempervirum tectorium), qui pousse sur le toit et les murs de nos maisons, en Europe occidentale, est aussi une plante médicinale. La joubarbe est indiquée dans toutes les affections de la bouche (aphtes), les durillons et cors aux pieds, les hémorroïdes, les brûlures d’estomac et la diarrhée.

Pour en revenir au rhodiola, il en existe plusieurs dizaines de sortes. Celui qui nous intéresse, le Rhodiola rosea ou Sedum roseum, ou King T’ieng pour les Chinois, ou Orpin, pousse non seulement sur les pentes du Tibet ou des Carpates mais aussi dans les Alpes françaises, italiennes ou suisses. C’est bien sûr une plante protégée dans nos régions et donc interdite à la cueillette. Le rhodiola que l’on consomme en gélules est obtenu à partir de cultures : la consommation mondiale s’élève à plusieurs dizaines de tonnes.

Un précurseur de la sérotonine

Substance synthétisée par les cellules de l’intestin, la sérotonine est transportée par le sang et stockée un peu partout dans l’organisme. La sérotonine transmet l’information de chaque organe au cerveau, via le système nerveux. Présente aussi dans l’hypophyse, la sérotonine stimule la sécrétion de nombreuses hormones. Une mauvaise régulation de la sérotonine entraîne une moins grande résistance au stress, une plus grande sensibilité aux migraines.

Elle a aussi une action vasoconstrictrice et stimule le péristaltisme intestinal (les mouvements qui permettent transit et digestion). Le rhodiola serait un précurseur de la sérotonine, améliorant sa synthèse et sa diffusion. C’est pourquoi le rhodiola résout de nombreux problèmes liés au système nerveux : sommeil, stress, maux de tête, dépression…

L’adaptogène idéal

Cette plante qui enfonce ses racines dans la pierraille des montagnes a appris à s’adapter au froid, à la difficulté de trouver de l’eau et des nutriments. S’accrochant aux pentes, balancé par le vent, le rhodiola pousse en petits buissons concentrés. Et cette formidable capacité d’adaptation aux éléments donne à cette plante une capacité de résistance exceptionnelle. Cadeau de la nature, elle transmet à l’homme (et aux animaux) qui consomme ses racines ces mêmes propriétés : résistance au froid, aux maladies, à la fatigue…

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Toutes les propriétés en résumé

Les préconisations du rhodiola qui suivent sont tirées des nombreuses études scientifiques et notamment de la monographie américaine Intramedecine, destinée aux professionnels de santé aux Etats-Unis.

• Protecteur du système cardio-vasculaire : les personnes qui suivent un traitement doivent signaler à leur médecin s’ils prennent du rhodiola, à la fois par prudence et pour mieux adapter les doses
• Régulation du rythme cardiaque et diminution des palpitations
• Stimulant de la libido féminine
• Augmentation des performances sexuelles masculines
• Traitement des déprimes et dépressions, légères ou lourdes, saisonnières ou chroniques
• Ralentissement du vieillissement (le rhodiola est un antioxydant)
• Régulation de l’hypoglycémie
• Augmentation des défenses immunitaires
• Protection lors de la chimiothérapie (en parler au médecin)
• Tonique musculaire et physique
• Amplification de la résistance à l’effort
• Epreuves sportives (le rhodiola, comme le tribulus, ne fait pas partie des substances interdites)
 Mémoire
 Possible amélioration des états migraineux et des bouffées de chaleur
• Possible amélioration du sommeil et du transit intestinal.

Standardisation et effets secondaires

Le rhodiola commercialisé en France vient souvent des Etats-Unis qui l’importent de Chine, de Russie ou de Roumanie pour le transformer en complément alimentaire standardisé. En effet, il est important que les principes actifs soient préservés et dosés d’une façon "standard"  car les besoins sont évalués à environ 100 mg/jour pour 1 % de salidrosides et 40 % de polyphénols.

Ces voyages et cette transformation expliquent le prix relativement élevé des boîtes de gélules (ou de comprimés). On les trouve surtout en magasins de diététique. Les gélules étant souvent de 50 mg, deux par jour suffisent. Les résultats, comme pour la plupart des plantes, se font attendre environ une semaine. Il est conseillé de procéder par cures d’un mois. Il est inutile de dépasser les doses : cela n’augmenterait ni les "performances" du produit ni les vôtres.

Il n’existe pas d’effets secondaires connus, aux dosages recommandés. Mais par prudence – la commercialisation du rhodiola est encore trop récente pour avoir du recul –, les personnes malades ou sous traitement médicamenteux, les femmes enceintes et les enfants devraient s’abstenir de prendre du rhodiola.

© 2015 Leduc.s Éditions - Les plantes qui guérissent, Sophie Lacoste

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